Les désorientés - Amin Maalouf.

Publié le par Phypa

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Autant le dire tout de suite, j'aime beaucoup Amin Maalouf.

Cet auteur évoque pour moi la passion des mots, l'odeur de la fleur d'oranger, et les raffinements de l'orient.

Voici la 4e de couverture :

«Dans Les désorientés, je m'inspire très librement de ma propre jeunesse. Je l'ai passée avec des amis qui croyaient en un monde meilleur. Et même si aucun des personnages de ce livre ne correspond à une personne réelle, aucun n'est entièrement imaginaire. J'ai puisé dans mes rêves, dans mes fantasmes, dans mes remords, autant que dans mes souvenirs.

Les protagonistes du roman avaient été inséparables dans leur jeunesse, puis ils s'étaient dispersés, brouillés, perdus de vue. Ils se retrouvent à l'occasion de la mort de l'un d'eux. Les uns n'ont jamais voulu quitter leur pays natal, d'autres ont émigré vers les États-Unis, le Brésil ou la France. Et les voies qu'ils ont suivies les ont menés dans les directions les plus diverses. Qu'ont encore en commun l'hôtelière libertine, l'entrepreneur qui a fait fortune, ou le moine qui s'est retiré du monde pour se consacrer à la méditation ? Quelques réminiscences partagées, et une nostalgie incurable pour le monde d'avant.»

 A.M.

 

C'est une réflexion qui nous parle tous : on a tous été jeune et plein de rêves partagés avec des amis. Que sont devenus ces rêves ? Que chacun de nous en a-t-il fait ? Que sont devenus ces amis ? Qu'a-t-on encore de commun?

Les retrouvailles des protagonistes m'ont un peu replongée dans mes souvenirs d'étudiante, dans la bande d'amis que nous étions à ne jamais rater une fête et à refaire le monde dès que l'occasion d'un bon repas partagé se présentait.

Bien sûr, nous n'étions pas dans un pays en guerre, et la vie ne nous a pas à ce point imposé des choix radicaux.

Mais de la même façon, nous avons parcouru des chemins de vie différents.

Pourtant curieusement, j'ai le sentiment qu'avec la plupart de ces amis, le lien ne s'est jamais rompu, même si on se voit rarement.

Il y a bien sûr une dimension de plus dans le récit d'Amin Maalouf qui évoque le Liban et l'organisation sociale en groupes religieux, qui paraît en effet si incompréhensible aux français laïques que nous sommes.

 

Mais ce n'est pas la vision d'un oriental :

"Pourquoi la foi occupe-t-elle tant de place dans cette région du monde ?"

Les amis se consultèrent du regard, et ce fut NaÏm qui répondit en premier :

"C'est ce qui se dit en Occident, mais n'en crois pas un mot ! Ce n'est qu'un mythe. La vérité, c'est exactement l'inverse..."

"C'est l'Occident qui est croyant, jusque dans sa laïcité, et c'est lOccident qui est religieux, jusque dans l'athéisme.Ici au Levant, on ne se préoccupe pas des coyances, mais des appartenances. nos confessions sont des tribus, notre zèle religieux est une forme de nationalisme..."

"Et aussi une forme d'internationalisme" ajouta Adam.

 

Un autre extrait :

"Il appuya sur la touche envoi en souriant de satisfaction. Il n'imaginait pas une réunion de leur cercle d'amis sans Albert, l'esprit le plus subtil de tous, le plus caustique, le plus étincelant. Le plus chagrin aussi, même si cela avait rarement transparu dans ses lettres depuis qu'il était établi aux Etats Unis.

A présent les conditions étaient réunies pour des retrouvailles mémorables. Adam s'étira comme un chat repu, avant d'aller s'étendre sur son lit, prêt à s'assoupir."

 

J'aurais aimé une fin plus optimiste, et je m'interroge encore sur le message délivré...

Publié dans Livres

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écureuil bleu 30/03/2013 21:01

Merci Pascale, pour cette présentation de ce roman et ton ressenti. L'histoire ne me tente pas trop. Bisous

Phypa 02/04/2013 12:11



Les goûts et les couleurs, ça ne se dicute pas ! Bisous.



Pascal 27/03/2013 23:11

Bonsoir Phypa,
Nous nous retournons tous vers notre passé, ou plus précisément vers notre jeunesse. Nos amis de cette époque étaient beaux et pleins de vie. Nous ignorions les dures réalités de la vie quotidienne
qui usent lentement tant le physique que le mental.
La déception est très souvent grande lorsqu'on retrouve l'ami de qui nous étions inséparable, et qui s'avère être devenu un vieux geignant sur ses rhumatismes.
Ce retour vers une jeunesse perdue n'est que sujet à désillusions, sauf bien sûr si par dessus tout, l'amour ignorant le temps qui passe continue de brûler dans notre coeur.
Bonne soirée

Phypa 28/03/2013 22:43



Bonsoir Pascal : sois plus indulgent envers les "vieux qui geignent sur leur rhumatismes" , nous finirons certainement tous un peu comme ça, non  ?!


Avoir quelques amis inoxydables, c'est un des bonheurs de vivre.


Bonne soirée.