Soutien scolaire

La France est championne d'Europe du soutien scolaire, une" industrie" qui progresse de 10% par an, selon une étude réalisée à la demande de l'union européenne par Mark Bray, qui a aussi publié un rapport pour l'UNESCO intitulé "L'ombre du système éducatif, quel soutien scolaire privé, quelles politiques publiques"
L'article publié par Le Monde du 17 juin est un bon résumé.
Cette activité représenterait :
plus de 1 milliard d'euros par an en Allemagne,
950 millionsd'euros en Grèce,
plus de 400 millions d'euros en Espagne et en Italie...
et 2,2 milliardsd'euros en France, selon des chiffres de 2007.
Une des causes serait la réduction d'impôts de 50% au titre des emplois familiaux.
A cela s'ajoutent de multiples facteurs :
pour de nombreux parents éviter les conflits avec leurs enfants au sujet du travail scolaire
pour d'autres assurer la meilleure réussite sociale possible à leur enfants
Selon Patick Rayou, sociologue et professeur à l'université de Paris VIII,
" En un siècle, au lycée, la durée moyenne de la séquence d'enseignement est
passée de 2 heures à 50 minutes".
Et selon Claude Lelièvre , historien de l'éducation ,l'étude, dans les écoles élémentaires du début du XXe siècle, était déjà à la charge des parents - lorsqu'ils en avaient les moyens. Dans l'enseignement secondaire, alors réservé à une élite, elle a été un " dispositif essentiel de l'école de la IIIe République, assuré par les maîtres répétiteurs ".
Ce dispositif a disparu, et ce sont les parents qui ont hérité de cette charge.
( voir ici le blog de Claude lelièvre dédié à l'histoire et la politique scolaire et là un résumé d'entretien avec Patrick Rayou sur les devoirs à la maison sur le blog penser et repenser l'école)
On est bien loin des idéaux de l'Ecole de la République censée donner à chacun sa chance.
Pourtant l'école du début du XXe siècle a permis d'alphabétiser la France entière.
Les méthodes de lecture à haute voix , d'apprentissage par coeur, de répétition sont aujourd'hui décriées, mais n'oublions pas qu'il y a encore 50 ans, elles s'adressaient à des enfants qui dans leur majorité n'étaient pas francophones.
Pour ma part, je ne crois pas beaucoup à la pertinence de soutien scolaire type acadomia pour mes enfants.
Je crois que le fait que nous leurs parents nous intéressions à leur travail est beaucoup plus bénéfique.
A nous aussi de prendre du recul par rapport aux surcharges des programmes, et d'aller à l'essentiel.
C'est quoi l'essentiel :
apprendre le gout de lire
entretenir la curiosité
maîtriser le calcul basique
apprendre à raisonner par soi-même
apprendre à apprendre
avec ça, pour peu qu'on sache ce qu'on veut, on a les cartes nécessaires en main.
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