Vendredis Intellos - De la théorie des genres ... à la pratique !

Publié le par Phypa

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Voilà plusieurs jours que j’en entends parler à la radio, et qu’on voit divers articles de presse.
L’objet du délit est très bien décrit sur le site educpros.fr
Voici dans son contexte (le bulletin officiel du 30 septembre 2010) la phrase (surlignée) qui fait couler autant d’encre et de salive :
 
Féminin/masculin
La prise en charge de façon responsable de sa vie sexuelle par ce futur adulte rend nécessaire de parfaire une éducation à la sexualité qui a commencé au collège.
Ce thème vise à fournir à l'élève des connaissances scientifiques clairement établies, qui ne laissent de place ni aux informations erronées sur le fonctionnement de son corps ni aux préjugés.
Ce sera également l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée.
A l'issue de cet enseignement l'élève devrait être capable d’expliquer :
- à un niveau simple, par des mécanismes hormonaux, les méthodes permettant de choisir le moment de procréer ou d'aider un couple stérile à avoir un enfant ;
- comment un comportement individuel raisonné permet de limiter les risques de contamination et de propagation des infections sexuellement transmissibles (IST) ;
- le déterminisme génétique et hormonal du sexe biologique, et de différencier ainsi identité et orientation sexuelles ;
- que l’activité sexuelle chez l’Homme repose en partie sur des phénomènes biologiques, en particulier l’activation du système de récompense
 
Seul un manuel scolaire distingue clairement sexe biologique et identité sexuelle.
Ce sont surtout les associations catholiques qui montent au créneau.
Voir cet article du journal Le Monde du 25 aout
 
J’avoue que je ne comprends pas très bien pourquoi.
Cela ne pose de problème à personne qu’on parle en classe de Simone de Beauvoir qui écrivait déjà en son temps « On ne naît pas femme on le devient ».
 
Si j’ai bien compris la nuance vient qu’on en parle en SVT et non en philosophie.
J’adhère assez aux propos de Philippe Meirieu interviewé dans l’Express :
« La polémique s'articule autour de la théorie selon laquelle le sexe donné à la naissance est biologique alors que le genre qui nous définit est issu d'une construction sociologique. Il est certain que c'est admettre une évolution sociale. On peut l'approuver ou émettre des réserves, mais ce n'est en aucun cas le rôle des députés de demander le retrait de manuels scolaires. »
(…)
« Il est nécessaire d'alerter les élèves sur une réalité sociale de la façon la plus scientifique possible. C'est le rôle de l'école de mettre des mots sur des sujets rigoureux, loin des stéréotypes et des clichés qui peuvent envahir les esprits. Comprendre la différence, c'est aller vers l'acceptation. L'enseignement est là pour remplacer ces clichés par une réflexion en profondeur et ces jeunes doivent avoir les moyens de penser. Ces manuels sont des outils qui permettent aux professeurs d'enseigner des vérités et d'alimenter le débat.
Par ailleurs, il pourrait être judicieux à cette occasion de revoir l'ensemble des manuels scolaires et les visions de l'homme et de la femme qui y sont développées. »
 (…)
« La polémique devrait plutôt s'attaquer à la formation des enseignants sur ces questions plutôt qu'au thème lui-même »
 
 Cela me fait penser à des cas de parents qui refusent de révéler le sexe de leur enfant pour leur laisser le choix ( c’était le sujet d’un post de la semaine dernière de French Girl In London  et aussi évoqué dans la presse à propos d’une famille canadienne )
 Le concept peut paraitre au premier abord séduisant, mais faire de son enfant un cobaye n’est certainement pas un service à lui rendre.
Les enfants ont besoin de grandir avec leurs pairs, et notre identité se construit de toute façon plus ou moins par nos échanges avec nos semblables.
 
Cependant à la question comment éduquer nos enfants pour en faire des être libres et pas des machos ou des bimbos, je n’ai pas vraiment la réponse.
 
Bien que nous n’ayions rien fait pour ça, les nôtres s’obstinent dans le stéréotype.
Jusque très récemment Miss Puce ne voulait porter que du rose, du turquoise ou du prune. (maintenant elle vire au noir et gris des standards ados :-()
Pas question de faire porter du rose à P’Tit Gars !
Coté jeux, ils échangent pas mal.
Mais Miss puce estime que le foot n’est pas un truc de filles.
Et je la choque quand je lui raconte que moi, au collège, j’aimais jouer au foot avec mes camarades de classe, que faute d’être assez nombreux, les garçons étaient venus chercher les filles, et que dans notre classe, du moins en 6e et en 5e , toute la classe jouait au foot à la première occasion.
Et même dans nos rôles de parents, je me retrouve maman gâteau et mon mari papa « tape-dur » alors qu’à la base, il est plutôt plus patient que moi.
Une fois, alors que mon mari repassait, P’tit Gars lui a dit : « mais c’est un truc de fille, ça ! »
Et nous de protester, de le moquer un peu sur les bords.
Et Miss Puce de défendre son frère : « pour l’instant, c’est toujours maman qu’on a vu repasser »
C’était sans doute vrai, dans notre partage implicite des tâches pour arriver à gérer tant bien que mal la maisonnée et notre travail éloigné, c’est mon mari qui sort les poubelles, fait les courses et souvent la cuisine, et c’est moi qui gère le linge.
Nous nous efforçons de ne pas faire de différences entre eux sur la participation aux tâches ménagères : chacun met son assiette au lave-vaisselle, et passe l’aspirateur dans sa chambre.
De même, chacun est également invité à mettre le couvert ou aider à préparer à manger.
Et honnêtement, je ne m’explique pas pourquoi nous nous retrouvons aussi stéréotypés.
(Si vous qui me lisez avez des pistes : je prends !!)
 
Cela dit la façon dont un enfant est élevé en « fille » ou en « garçon » retentit très certainement sur son comportement, témoins ces reportages à propos de filles afghanes élevées en garçon, et qui redeviennent filles à la puberté, mais disent en avoir conservé une confiance en elles que leurs consœurs n’ont pas.
J’avais lu un article dans Geo Magazine introuvable sur la toile.
Le fait est rapporté aussi dans le New York times et dans la tribune de Genève.

Publié dans Education

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Laetibidule 07/09/2011 08:55


Bel article ! Mais je ne comprend pas les députés, il faut apprendre les différences à nos enfants, et je trouve très bien ce qu'on veut apprendre aux enfants !!!
Cela me fait penser à ces parents américains qu laisse leur garçon de 10 ans être une fille car c'est son choix !!!
Bonne journée !!!


Phypa 07/09/2011 09:45



Merci .


J'avoue que je ne sais pas comment je réagirais, si mon garçon se décrétait fille ou réciproquement.



Kiara 02/09/2011 15:40


Je pense qu'ils se prennent la tête pour pas grand chose : les phrases du programme sont très claires. Je pense que c'est une occasion de plus de créer de la polémique.
Heureusement que Meirieu et Mme de Beauvoir sont là!
Excellent article en ce vendredi intello!


Phypa 02/09/2011 19:57



Merci Kiara.


Je trouve aussi que c'est "beaucoup de bruit pour rien" :-)



Mme Déjantée 02/09/2011 14:44


Merci beaucoup de ta contribution!!
L'interview de Meirieu est effectivement très éclairante et il a su une fois de plus jouer des polémiques pour remettre les choses d'aplomb...
Comme toi, je n'ai pas plus de solutions miracles pour permettre à nos enfants filles ou garçons d'être les plus épanouis possibles dans leur identité sexuelle... j'essaie seulement d'être à
l'écoute de leurs envies et d'être un soutien lorsqu'ils les revendique..
Je reviendrais simplement sur la citation de Simone de Beauvoir qui, à mon sens, ne parle pas que d'identité sexuelle, ou du moins, n'a pas été interprété que dans ce sens... Elle n'a pas dit "on
ne naît pas fille mais on le devient...", derrière le terme "femme", il me semble que le poids sociétal ne fait aucun doute...Dis moi ce que tu en penses??


Phypa 02/09/2011 19:45



Il me semble que le poids sociétal participe aussi à la construction de l'identité...



Cécilie 02/09/2011 14:13


Je crois que nous sommes tous stéréotypés, plus ou moins mais tous. Cela dit, est-ce que ça me dérange, je n'en suis pas sûre. Tant que ça ne vire pas au cliché bimbo vs. rambo.
Je ne connaissais pas le sexe de mon bébé pendant la grossesse, je l'ai aimé comme "mon bébé". Maintenant qu'elle est née elle est une fille, "ma fille" mais reste "mon enfant". Je l'élève sans
doute avec des influences qui seraient différentes si "mon enfant" était "mon fils", mais je crois que c'est normal. Et sain, peut-être. Car je ne suis pas certaine qu'un garçon et une fille vivent
de la même façon dans NOTRE société. Et il se trouve que j'élève ma fille dans NOTRE société et pas ailleurs.
Puisqu'elle se construira au contact de la société, d'autres enfants, de normes, je me dois de lui donner les armes pour y faire face et s'y intégrer. Du moins, je le vois comme ça.
Son père adore le foot, je déteste le foot. Pas parce que c'est un truc de mec mais parce que je trouve que c'est un des sports les moins respectueux. Donc je ne veux pas qu'un jour elle fasse du
foot. Mais du rugby ou du basket, pourquoi pas ? J'ai fait de la danse, j'ai été pro, elle aura donc en héritage ma passion pour la danse, je n'y peux rien, je lui en parlerai forcément car
aujourd'hui ça occupe certaines de mes pensées. Donc elle choisira peut-être d'imiter sa maman en faisant de la danse et peut-être y prendra-t-elle goût. Pas parce que c'est une fille, mais parce
qu'elle aura envie d'imiter sa maman.
J'ai juré que si j'ai un garçon un jour, il n'aura pas de jouet en forme d'arme. Ca a choqué mon mari et sa famille, pour qui "un mec un vrai", c'est un petit garçon qui sait se battre (ils
pratiquent "la bagarre" entre père et fils) et a des armes en plastique entre ses petites voitures. Ca, pour moi, c'est du mauvais stéréotype.


Phypa 02/09/2011 19:53



D'accord avec toi sur le fait que nous ne pouvons échapper à NOTRE société. On a le droit aussi de la faire évoluer, et de faire respecter son droit à ses particularités.


Pour notre part, nous avons laissé nos enfants le plus possible chosir leurs activités, sauf que nous freinons des 4 fers pour que notre fils fasse du foot, car l'environnement ne nous paraît pas
sain, et nous avons refusé à notre fille de faire du judo pour que son petit frère, qui en fait, puisse respirer sans elle. Mais elle aurait pu choisir de faire du karaté ou un autre art
martial.
Bon maintenant pour cette année, ce sera judo et trompette pour P'tit Gars , et équitation et violon pour Miss Puce, car ils ont demandé à faire de la musique et ont choisi leur instrument lors
des journées portes ouvertes de l'école de musique. Et avec le travail scolaire à assurer, ça suffit bien.


J'aimerais bien qu'ils aient le temps de ne rien faire, et qu'on puisse faire des promenade ou sorties en famille :-)



Kalista 02/09/2011 13:30


Coucou !
La part d'inné est très faible. On a des organes différents, avec lesquels on apprend à vivre, et qui nous permettent de vivre des expériences différentes. Pour le reste, ça vient petit à petit. Le
cerveau d'un nouveau-né est un disque dur vierge.
Les mômes sont des éponges. Les parents peuvent leur donner l'éducation la moins stéréotypée possible, les stéréotypes rentreront quand même dans leur cerveau, à cause de la télé, de l'école, des
copains, des la famille... Nous, parents, on peut juste limiter la casse et leur donner des armes pour que, plus tard, ils arrivent à remettre en cause ce qu'ils voient et à faire la différence
entre leurs désirs propres et les injonctions sociales.
Et puis même en ne voulant pas leur donner d'éducation stéréotypée, on n'a pas envie que les enfants soient victimes de brimades de la part de leurs camarades. Je n'habillerais pas mes garçons en
rose (sauf peut-être si c'est un maillot de rugby, et encore), je ne veux pas qu'on se moque d'eux, même si je trouve injuste de priver les garçons de rose ! J'essaie d'expliquer les choses, mais
c'est pas évident.


Phypa 02/09/2011 19:56



Je ne crois pas que le cerveau des nouveaux-nés soit comme un disque dur vierge, mais qu'il est en effet très maléable.


D'accord  sur le fait que les influences sont multiples, et que notre job de parents est de leur donner autant que possible les armes pour faire les choix qui leur conviennent en
connaissance de cause.