garçons souvent punis

Publié le par Phypa

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Une discussion sur le blog d'Olympe , des commentaires mal interprétés à propos des garçons, dont je disais qu'ils avaient besoin d'être "cadrés".
 Dans mon esprit cela voulait dire parce que plus fragiles dans leur identité.
Je n'ai pas maîtrisé du tout la façon dont cela a été compris !!
 
Et voilà que je tombe sur cet article du Monde sur les punitions la plupart du temps infligées aux garçons au collège ...
Tout cela n'est finalement pas si simple !!
 
Sur les dangers des punitions
Article paru dans l'édition du 10.03.11
infligées aux garçons au collège
 
Dans les débats publics sur l'école, il est un chiffre sur lequel on ne s'attarde guère : au collège, 80 % des élèves sanctionnés sont des garçons. Pourquoi une telle omniprésence masculine ? Comment expliquer cette forte asymétrie entre les filles et les garçons ? C'est ce que s'est demandé Sylvie Ayral, qui a mené pendant plusieurs années une recherche approfondie sur les sanctions infligées au collège en les examinant à la lumière des débats sur le « genre ».
Institutrice en milieu rural pendant quinze ans, Sylvie Ayral est professeure d'espagnol, docteur ès sciences de l'éducation et membre de l'Observatoire de la violence à l'école. En 2007, elle avait consacré une monographie aux sanctions prononcées dans le collège rural où elle exerçait. Elle a complété ce travail en y ajoutant quatre établissements : un collège périurbain, un collège urbain accueillant pour l'essentiel une population issue de l'immigration, un collège rural de ZEP et un collège urbain privé « à haut niveau de réussite scolaire ».
Au total, Sylvie Ayral a analysé près de 6 000 sanctions et punitions scolaires en croisant les données sur le sexe, l'âge, l'échec scolaire ou le milieu social. La chercheuse a également étudié des lettres d'élèves, des rapports de professeurs et des questionnaires distribués aux adultes exerçant dans ces établissements. Ce travail a été complété par des entretiens réalisés, de 2007 à 2009, avec des professeurs, des assistants d'éducation ou des élèves de 4e et de 5e, 25 filles et 25 garçons.
Chefs de « meute »
Pour l'éducation nationale, la punition fait partie intégrante du travail éducatif. Les textes de 2000 affirment ainsi la « valeur formatrice et pédagogique » de la sanction, qui doit responsabiliser l'élève et lui rappeler le sens et l'utilité de la loi. Officiellement, la punition n'a pas de genre mais les chiffres sont accablants : dans les collèges retenus, qui ont pourtant des caractéristiques socioculturelles très différentes, 75 % à 85 % des élèves ayant reçu des punitions scolaires ou des sanctions disciplinaires sont des garçons.
Pour les adultes qui travaillent dans ces établissements, l'explication est simple : les garçons ont une maturité hormonale plus tardive, ils ne sont pas suffisamment encadrés par des figures masculines à la maison ou à l'école, et ils aiment « marquer leur territoire » afin de devenir des chefs de « meute ». Un discours en partie repris par les élèves, qui évoquent pêle-mêle la loi de la jungle, le goût de la bagarre et l'héritage de la guerre.
En étudiant de près le discours des uns et des autres, Sylvie Ayral décèle cependant autre chose : pour les garçons, la sanction est un véritable rite de passage qui permet, à l'heure de la construction de l'identité sexuée, d'affirmer avec force sa virilité. Faire le pitre devant les filles, afficher les stéréotypes de la masculinité, montrer que l'on ose défier l'autorité : « La sanction est valorisante et recherchée parce que, au-delà de la punition, l'enjeu réel est la consolidation d'une identité masculine toujours faillible. »
L'appareil punitif scolaire, qui était à l'origine un projet éducatif sous-tendu par des idéaux éthiques, fonctionne donc, selon Sylvie Ayral, comme une « fabrique des garçons », reproduisant, sans le savoir, les stéréotypes de la domination masculine : aux hommes la force, la provocation, l'indiscipline, aux filles la discrétion, la sagesse, la docilité. Il est temps, conclut-elle, d'engager une réflexion sur les effets pervers d'un système qui est pourtant censé présenter des vertus éducatives.
 
Anne Chemin

Publié dans Education

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